Avec France Inter, la chronique économique de Bernard Maris, journaliste et écrivain, qui explique quels risques a pris le secrétaire au Trésor des États-Unis, Henri Paulson, afin de sauver l'économie américaine. La surprenante nationalisation de deux géants de la finance américaine Henry Paulson est le secrétaire au Trésor des États-Unis, le ministre du budget. Il aime les serpents, les tarentules, il obtenu dans sa jeunesse studieuse un diplôme de littérature anglaise puis est devenu banquier, patron de la prestigieuse banque d'affaires Goldman Sachs. Et il vient de sauver deux «assureurs de crédit» aux noms sympathiques Fanny Mae et Freddy Mac. Ces assureurs, eux-mêmes couverts par l'État fédéral, garantissaient 5400 milliards de dollars de crédits hypothécaires américains, soit près de 40% du crédit hypothécaire américain, ce qui représente un peu moins de la moitié du PIB des États-Unis... et près de 58% de la dette publique américaine. Mais ces 5400 milliards de dollars, Fanny et Freddy les ont dispersés dans les banques du monde. Une crise loin d'être finie Paulson arrive et nationalise ces deux géants de la finance américaine. Il rachète pour 200 milliards de dollars de leurs actions et prend des options jusqu'à hauteur de 80% du capital. Il nationalise. Comme un Mitterrand en 1981. Qui paye ? Les actionnaires, qui sont ruinés du fait de la dilution due à l'énorme apport de capital - de toute façon leur capital baissait de manière vertigineuse. Et les citoyens. Pas directement par l'impôt. Disons que l'État fédéral émet des titres de crédit en dollars. En bref, il crée de la monnaie. Mais, en dernière mesure, c'est le budget qui est en cause, donc l'impôt. Paulson, en accord avec Bernanke, le patron de la Banque fédérale, en créant du dollar, et en baissant vertigineusement les taux d'intérêt sur le dollar, (pendant que notre Paulson à nous qui s'appelle Trichet augmente les taux d'intérêt), fait donc chuter le dollar et les exportations s'envolent. D'où le PIB américain qui est reparti à 3% au dernier trimestre... Une bonne nouvelle hélas provisoire pour l'économie américaine. Car la crise de crédit est loin d'être terminée, il y a encore quelques 6 ou 7000 milliards de dollars de crédits hypothécaires sur de l'immobilier résidentiel qui traînent là-bas, les exportations ne suffisent pas, et c'est l'industrie américaine qui trinque. La croissance va s'arrêter dans les deux prochains trimestres. Et le chômage augmente, il est de 6.1%. Du jamais vu. Mais Henry Paulson n'avait pas le choix. Il a peut être sauvé l'économie mondiale. La phrase du jour : « L'économie politique est la science sans entrailles » Flaubert. Dictionnaire des idées reçues. Retrouvez «L'autre économie» de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.[1]