Nobel d'économie, crise financière et versatilité...

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Paul Poulet Article 14 octobre 2008 12:53 Média consulté 215 fois
En pleine tourmente financière, le jury suédois a remis son pris à Paul Krugman, tenant de la théorie de la concurrence imparfaite.

Difficile, en effet, pour l'académie du Nobel de confirmer les précédents choix. Complexe de se souvenir que la même institution a anobli de Nobel les Friedrich von Hayek, Milton Friedman et, plus globalement, l'école de Chicago... Impossible également de nous déterrer un Nobel à titre posthume, genre gloire à Adam Smith ou au plus libéral des Français, Jean-Baptiste Say...

Autres circonstances, autre lauréat. Par ces travaux, Krugman est un digne représentant de la synthèse. Le marché : oui, mais... le marché imparfait. Friedman conseiller de Pinochet, c'est du passé. De l'air, Milton, avec ton cortège de laisser-faire, laisser-passer ! Ouste les modèles mathématiques infondés !

Curieusement, à l'instar du jury du Prix Nobel d'économie, on observe bien des changements d'attitude. La semaine dernière, Edouard Balladur confie - du bout des lèvres, somme toute - dans « Le Parisien » que les marchés ne sont pas suffisamment réglémentés.

Dans les années quatre-vingt, un certain Jacques Attali soufflait, en tant que conseiller, à l'oreille de son maître les instruments utiles à la désintermédiation bancaire et à la déréglementation des marchés. Paraît-il, Mitterrand n'était pas féru d'économie. Quelques années de plus au compteur, le même Attali s'invite sur France 2 pour expliquer publiquement à quel point il est nécessaire de réguler la finance internationale...

Nicolas Sarkozy, élevé à l'école Balladur, s'éprend subitement et discrètement de l'idée de « nationalisation » . Sans jamais prononcer le mot, évidemment. On parle de « prises de participation » de l'Etat dans des entreprises privées. Cela n'est que temporaire, évidemment...

D'ici peu, il est à parier que Jean-Claude Trichet fera, sans nul doute, l'apologie de John M. Keynes et du new deal de Roosevelt...

J'en passe et des meilleurs... Toutes ces personnalités nous expliquent depuis quarante ans que l'Etat pèse lourd, nuit au bon fonctionnement de l'économie, rabougrit la création de richesses... Tous ces personnages sont intelligents, mais font preuve d'une versatilité incomparable. En évitant de se remémorer leurs premières Amours néoclassiques.

Pour ma part, je crois en l'intelligence de nos responsables. Je serai incapable de me prononcer sur la validité de leurs "solutions". Mais ils s'adaptent. Ils arrangent leurs discours. Ils proposent d'autres biais.

Ont-ils réellement mis de côté leurs convictions économiques ou n'est-ce qu'une posture de circonstances ? Combien de temps tiendront-ils à prôner l'interventionnisme et l' « Etat-actionnaire » ?

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